RDC : La demande du retrait des troupes onusiennes est un acte irréfléchi et dénué de toute responsabilité,qui à ce stade cache des motivations funestes, affirme le dr Kabeya K.
Ecrit par : Ray Delherbes   
Samedi, 30 Janvier 2010


La République Démocratique du Congo qui va fêter le cinquantenaire de son indépendance,fête à laquelle es convié le roi des belges essaie par  tous les moyens à donner l'image d'un pays démocratique comme son nom, stable, fréquentable et uni. Tout ce qui est en son honneur.
Arrivé à un stade où évidemment les autorités congolaises se sentent au dépourvu,toutes les projections faites au début  de la législature s'effritent l'une après l'autre, le gouvernement fait un très grand saut pour détourner les populations de réelles questions qui demeurent irrésolues afin de l'occuper des broutilles sans conséquence sur sa vie quotidienne.
A sa propre demande, la RDC a taraudé le Conseil de Sécurité des Nations Unies pressant cet organe des NU d'envoyer des troupes au pays, afin de stabiliser une situation politique très fragile pour la mise en route des accords issues des différentes conférences: Lusaka, Gabrone ou Sun City, accords qui avaient débouché sur le fameux régime 1+4. L'actuel gouvernement qui est issu des élections de 2006 et qui risque de trouver son prolongement légal dans ce régime électoral qui fait face à des rébellions à répétition aux multiples visages, aux objectifs mal définis avec des incursions internes ambiguës, aux motifs et contours obscurs, apparemment, délibérément entretenues.
Les réelles occasions qui se sont présentées au pays pour parvenir à une véritable réconciliation n'ont pas été exploitées.La Commission tant souhaitée pour la Vérité et la Réconciliation a été jetée aux oubliettes. Le régime a concocté à Goma  projet exhaustif qui ne pouvait tout le monde s'en doutait, conduire à une réelle stabilité politique. Pour des motifs politiques  beaucoup de personnes ont été mises à l'écart du processus que tout le monde souhaitait national .

Impressionnés par les parades aux défilés du 30 juin pour l'indépendance ou le 16 Mai, pour commémorer l'entrée des troupes de l'AFDL  on y a cru dur comme fer que l'on pouvait avec des troupes mal brassées et mal entraînées, reconquérir les territoires sous contrôle des différentes rébellions nées après Sun City.La déconfiture fut de taille.
Avec des troupes indisciplinées, une panoplie de généraux sortis des académies de nulle part dont les étoiles sont ramassées à la pelle dans les rues du clientélisme, la déconfiture des troupes congolaises étaient annoncée avant de faire leur preuve sur le champ de bataille.
Mushake Sake, Kilorowe Kingi, Kimoka sont des souvenirs sombres dans cet épisode funeste des occasions manquées pour sceller une véritable réconciliation dans notre pays.
Il faut se dire que les autorités congolaises misaient sur le soutient logistique apporté apporté la Monuc.
Cependant, mal nourries et mal payées les troupes congolaises ne pouvaient que retomber dans les travers qui sont les leurs avec au bout un échec annoncé.
Les troupes congolaises n'ont pas fait la moitié de ce que les troupes onusiennes ont accompli pour la réconciliation dans ce pays. Elles se rendent utiles aujourd'hui, oui par ce que nous sommes incapables de nous assumer; et sans la monuc, bonjour les dégats.
Dans l'incapacité d'organiser les élections locales et municipales, le gouvernement fait une fuite avant avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2011 dont probabilité d'organisation s'amenuise au jour le jour, avec l'ivoirisation à la porte.
Ces incertitudes démontrent que les élections pour 2011 sont un vœux pieux dont la probabilité d'exécution reste à prouver. Le retour incontrôlé des réfugiés est un arbre qui cache la forêt, la peur de voir la monuc s'emparer de JB Ntaganda faisant le reste.
Prévues par la constitution et dans le calendrier électoral, les élections locales et municipales qui normalement devaient avoir lieu avant les présidentielles et législatives de 2006 sont condamnées faute d'appui financier.Personne ne peut en esquisser le canevas.
Comptant sur l'aide de la communauté internationale, La RDC n'est jamais du tout prête, budgétairement à financer l'organisation des élections locales et les élections générales.
Le départ de la Monuc sonne la cloche d'une débandade et comme on peut l'imaginer, ce départ va entrainer ipso facto la disparition de la radio Okapi, seule source d'une information crédible et fer de lance de la neutralité dans le traitement de l'information dans ce pays.
La disparition de la radio Okapi va laisser une voie grande ouverte pour les abus qui sont banalisés chez nous et que cette radio ne s'est jamais empêchée de dénoncer parfois, même au détriment du péril de ses journalistes. C'est ça  l'agenda caché du gouvernement.
Que serait devenu JP Bemba sans la présence de la Monuc en RDC? Mort certainement!
Profitons en au passage pour faire remarquer que la RDC est le seul pays à sacrifier son propre fils accusé pour des faits qui n'ont pas eu lieu dans son pays et dont le gouvernement n'a jamais levé le petit doigt pour le défendre; par contre il n'hésite pas à le faire couler pour des raisons politiques internes. Aujourd'hui Il n' y a que la voix des organisations internationales que l'on entend pour dénoncer cette cabale qui démontre l'inégalité des traitements devant la justice internationale.
Sur le plan sociale, cette demande de retrait ne trouve aucune justification, la présence de la Monuc étant actuellement le moindre souci des populations pour lesquelles l'anomie et la déchéance s'installent durablement et ne savent toujours pas comment s'en sortir.
Sentant que la RDC sera soumise aux pressions de la communauté internationale qui ne peuvent plus sortir les sous quant au financement et à l'organisation des élections à venir, les négociations sur la suppression de la dette avec les institutions financières internationales faisant foi, le gouvernement s'interroge sur la nécessité de maintenir présentes les troupes qui non seulement lui sont devenues hostiles, pire et à maintes reprises, elles ne se sont pas privées à l'occasion de porter des amères accusations qui irritent le gouvernement car devenues "témoin gênant" d'une situation politique qui se délétère et qui porte ombrage.
Avec l'opposition en déliquescence, l'UDPS en débandade et le MLC en naufrage, les principaux adversaires politiques sont éliminés et le boulevard grandement ouvert aux abus, car mine de rien l'ivoirisation de la RDC se met insidieusement en route .
La question que je me pose enfin, le gouvernement pourra apporter un élément de réponse c'est celle de savoir comment, avec la Monuc dont l'appui logistique n'est pas le moindre, le gouvernement est incapable de contrôler les territoires de l'Est, comment alors se prendra-t-il pour y parvenir, seul, après leur départ de celle-ci?
Toute l'énigme est là.
 




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