| RDC : La demande du retrait des troupes onusiennes est un acte irréfléchi et dénué de toute responsabilité,qui à ce stade cache des motivations funestes, affirme le dr Kabeya K. |
| Ecrit par : Ray Delherbes |
| Samedi, 30 Janvier 2010 |
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Avec des troupes indisciplinées, une panoplie de généraux sortis des académies de nulle part dont les étoiles sont ramassées à la pelle dans les rues du clientélisme, la déconfiture des troupes congolaises étaient annoncée avant de faire leur preuve sur le champ de bataille. Mushake Sake, Kilorowe Kingi, Kimoka sont des souvenirs sombres dans cet épisode funeste des occasions manquées pour sceller une véritable réconciliation dans notre pays. Il faut se dire que les autorités congolaises misaient sur le soutient logistique apporté apporté la Monuc. Cependant, mal nourries et mal payées les troupes congolaises ne pouvaient que retomber dans les travers qui sont les leurs avec au bout un échec annoncé. Les troupes congolaises n'ont pas fait la moitié de ce que les troupes onusiennes ont accompli pour la réconciliation dans ce pays. Elles se rendent utiles aujourd'hui, oui par ce que nous sommes incapables de nous assumer; et sans la monuc, bonjour les dégats. Dans l'incapacité d'organiser les élections locales et municipales, le gouvernement fait une fuite avant avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2011 dont probabilité d'organisation s'amenuise au jour le jour, avec l'ivoirisation à la porte. Ces incertitudes démontrent que les élections pour 2011 sont un vœux pieux dont la probabilité d'exécution reste à prouver. Le retour incontrôlé des réfugiés est un arbre qui cache la forêt, la peur de voir la monuc s'emparer de JB Ntaganda faisant le reste. Prévues par la constitution et dans le calendrier électoral, les élections locales et municipales qui normalement devaient avoir lieu avant les présidentielles et législatives de 2006 sont condamnées faute d'appui financier.Personne ne peut en esquisser le canevas. Comptant sur l'aide de la communauté internationale, La RDC n'est jamais du tout prête, budgétairement à financer l'organisation des élections locales et les élections générales. Le départ de la Monuc sonne la cloche d'une débandade et comme on peut l'imaginer, ce départ va entrainer ipso facto la disparition de la radio Okapi, seule source d'une information crédible et fer de lance de la neutralité dans le traitement de l'information dans ce pays. La disparition de la radio Okapi va laisser une voie grande ouverte pour les abus qui sont banalisés chez nous et que cette radio ne s'est jamais empêchée de dénoncer parfois, même au détriment du péril de ses journalistes. C'est ça l'agenda caché du gouvernement. Que serait devenu JP Bemba sans la présence de la Monuc en RDC? Mort certainement! Profitons en au passage pour faire remarquer que la RDC est le seul pays à sacrifier son propre fils accusé pour des faits qui n'ont pas eu lieu dans son pays et dont le gouvernement n'a jamais levé le petit doigt pour le défendre; par contre il n'hésite pas à le faire couler pour des raisons politiques internes. Aujourd'hui Il n' y a que la voix des organisations internationales que l'on entend pour dénoncer cette cabale qui démontre l'inégalité des traitements devant la justice internationale. Sur le plan sociale, cette demande de retrait ne trouve aucune justification, la présence de la Monuc étant actuellement le moindre souci des populations pour lesquelles l'anomie et la déchéance s'installent durablement et ne savent toujours pas comment s'en sortir. Sentant que la RDC sera soumise aux pressions de la communauté internationale qui ne peuvent plus sortir les sous quant au financement et à l'organisation des élections à venir, les négociations sur la suppression de la dette avec les institutions financières internationales faisant foi, le gouvernement s'interroge sur la nécessité de maintenir présentes les troupes qui non seulement lui sont devenues hostiles, pire et à maintes reprises, elles ne se sont pas privées à l'occasion de porter des amères accusations qui irritent le gouvernement car devenues "témoin gênant" d'une situation politique qui se délétère et qui porte ombrage. Avec l'opposition en déliquescence, l'UDPS en débandade et le MLC en naufrage, les principaux adversaires politiques sont éliminés et le boulevard grandement ouvert aux abus, car mine de rien l'ivoirisation de la RDC se met insidieusement en route . La question que je me pose enfin, le gouvernement pourra apporter un élément de réponse c'est celle de savoir comment, avec la Monuc dont l'appui logistique n'est pas le moindre, le gouvernement est incapable de contrôler les territoires de l'Est, comment alors se prendra-t-il pour y parvenir, seul, après leur départ de celle-ci? Toute l'énigme est là . |
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